Liberté je chanterai tes yeux fermés
Dans le gris froid des jours de pluie
Liberté tes voix humaines et les silences
Qui me parviennent étouffés par de hauts murs
Ils ont coupé ton clair visage par six barreaux de fer
Ils ont fermé tes routes
Et tué le soleil
Mort notre amour
Et morte l'aventure de notre délivrance.
Liberté ils ont brûlé les fleurs
Et décapité les oiseaux de ce printemps
Ils ont jeté des hommes, des femmes innocents
Entre des murs aveugles
Pour les punir d'avoir dérobé le bonheur
D'avoir aimé l'amour
Dans le secret des nuits
D'avoir pris de l'argent pour nourrir leurs familles
Et de s'être battus
Et de s'être levés contre la tyrannie
De ceux qui se nourrissent de mensonge imprimé
Et cachent leur faiblesse
Et leur manque d'amour derrière un coffre-fort.
Liberté je chanterai tes mains secrètes
Qui soulèvent les pierres
De toutes les prisons
Qui arrachent les portes
Et les grilles de fer
Et qui rendent la joie à tous les condamnés.
Chaque heure ici qui passe
Enfermée c'est la mort
Et la lente agonie
L'arrachement, l'oubli
Du monde des vivants
C'est l'attente muette
Et la blessure ouverte
L'annonce faite au corps de sa destruction.
Liberté je chanterai ta renaissance
Tes voix ressuscitées
Tes routes radieuses
Où les pieds délivrés marchant vers le soleil
Imprimant sur la Terre l'empreinte glorieuse de leur libération.
GRISÉLIDIS RÉAL
ÉCRIVAIN - PEINTRE - PROSTITUÉE - POÈTE
1929 - 2005