Pleurer contre
la cabine de douche
pleurer couchée
rivières noires
à mes oreilles.
Pleurer comme un dément
sur du béton
dans le crumble aux pommes
sous mon masque jetable
et dans mes lunettes de ski.
Pleurer et trembler
la moitié du corps sur le lit
le reste à ses pieds
acrobate et tortionnaire.
Pleurer beaucoup
dans les couloirs
beaucoup dans les lieux publics
les salles d'attente
les halls de gare
les vieux placards
entre un aspirateur et un manteau
et dans les voitures souvent.
Si souvent
face au miroir
où les yeux fondus
d'un vieux bébé gonflé
me regardent et rient.
Je suis tellement dramatique.
J'ai réalisé que je ne pouvais pas
courir et pleurer à la fois
mais j'ai pleuré en mangeant, chantant, priant,
en voyant
les lys
cueillir mes drama tears
devenues sèches en Californie
devenues arbres au Rwanda
devenues mer à Naples
devenues encre à Paris
et ici eau de vie.
