Elle est seule.
Des étoiles tombent sur ses cheveux,
tranchantes, sourdes.
Décembre.
Premiers satellites d’hiver.
Chaque flocon : le son d’un baiser
et de la transformation.
Elle (à mi mots)
— Regardez !
Ces fées au ralenti, ces lucioles déchirées
nettoyant la vue pour qu'elle puisse avancer.
— Regardez !
Elle répète à personne.
Trois pas maladroits les paumes vers le ciel,
la langue tirée, les yeux blancs
- oracles du présent.
Oui regardez,
avant que la neige réchauffée sur son front
ne fonde ses craintes naïves
comme la térébenthine ride
les portraits vernis de jeunes filles.
Avant que les cristaux ne coulent leurs jus divins
dans sa bouche grande ouverte à la nuit
et son âme affamée
soudain
de blanc et de frais.
Regardez la rire.
C’est un instant de changement.
Photographie de Valia Russo, tirée de la série 'pendant que tu dors'.
"Je m’intéresse à la photographie tant comme un dispositif et décor artificiel qu’un outil pour manipuler et créer de la fiction. Ma démarche tient dans ce paradoxe : Si nous savons que l’image n’est pas la réalité pourquoi continuons nous d’y croire ?"
Né en 1996 à Paris, Valia Russo vit et travaille entre Paris et Arles.