En Islande, on m'a dit
que les cascades existent sur les terres jeunes
car elles pleurent de ne pas savoir encore
embrasser la mer avec leurs rivières.
Leurs larmes creusent la tendre pierre,
qui s’érode et s’effondre
pour tomber
de plus
haut.
Il faudra du temps
et des montagnes calmes et des terrains stables
pour qu’une cascade devienne ce canyon
où un touriste crie son nom à l’écho
et rit, sandwich au bacon à la main
où les randonneuses italiennes piochent des ananas en conserve
et le petit au maillot de foot allemand, rasé à blanc, lance une pièce
entre les rochers autrefois coraux.
Voilà comment un grand chagrin devient normalité.
Un écho
beaucoup de temps, beaucoup de temps
et des gens.